Avec l'évolution du paysage des monnaies numériques, le Réseau de lutte contre la criminalité financière (FinCEN) s'est rapidement positionné comme autorité de régulation du secteur. En juillet 2011, il a élargi la définition des « entreprises de services monétaires » pour y inclure « toute autre valeur se substituant à la monnaie », ouvrant la voie à une répression plus large des opérations de monnaies virtuelles. En mars 2013, le FinCEN a publié des directives spécifiques précisant que les administrateurs et les échangeurs de monnaies virtuelles convertibles, et non les simples utilisateurs, seraient traités comme des transmetteurs de fonds. Cette classification les obligeait à s'enregistrer auprès du FinCEN et à se conformer aux mesures de lutte contre le blanchiment d'argent (LAB) et le financement du terrorisme (FT), notamment aux obligations de tenue de registres et de déclaration.
Jennifer Shasky Calvery, alors directrice du FinCEN, a clairement exprimé la position de l'agence : les monnaies virtuelles n'étaient pas exemptées des règles régissant la finance traditionnelle. Lors d'une audition au Sénat en novembre 2013, elle a souligné que le respect de ces réglementations relevait de la responsabilité des entreprises, remettant ainsi en cause l'esprit décentralisé souvent défendu par les partisans du Bitcoin. Elle a également souligné l'étroite collaboration du FinCEN avec plusieurs organismes et groupes de travail interinstitutions, notamment le Groupe de travail sur les menaces émergentes liées aux monnaies virtuelles (VCET), dirigé par le FBI et créé en 2012, ainsi que la FDIC et les divisions de lutte contre la criminalité financière du Département du Trésor.
Cette coordination interinstitutionnelle a permis d'élaborer un cadre global de lutte contre le blanchiment d'argent, qui n'a cessé de se renforcer au fil des ans. En 2021, les directives antérieures du FinCEN ont été codifiées par des amendements à la loi sur le secret bancaire, intégrant officiellement les actifs numériques à son cadre réglementaire. La loi révisée a réaffirmé l'autorité du FinCEN sur les « valeurs qui se substituent à la monnaie », exigeant que les plateformes d'échange d'actifs numériques s'enregistrent officiellement et se conforment à des exigences de déclaration élargies.
La même année, le FinCEN a reçu plus de 1.1 million de rapports d'activité suspecte (SAR) de la part de banques traditionnelles et de plateformes de cryptomonnaies. Parmi ces rapports, près de 8 000 signalements d'événements cybernétiques suspects et plus de 284 000 signalements de blanchiment d'argent potentiel ont été signalés. Ces données ont mis en évidence l'ampleur de l'adoption des monnaies virtuelles et les risques croissants liés à leur utilisation abusive, soulignant pourquoi l'intervention précoce du FinCEN est devenue un pilier de la politique américaine en matière de cryptomonnaies.
Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil financier, juridique ou d'investissement. Il est recommandé aux lecteurs de mener leurs propres recherches ou de consulter un professionnel avant de prendre des décisions concernant les cryptomonnaies ou la conformité réglementaire.
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